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Publié le 21 Septembre 2021

Le Paris Saint-Germain (PSG), club historique de la capitale française, s’est développé à la vitesse de l’éclair depuis le rachat de club par Nasser al-Khelaïfi. D’après Forbes, le club serait valorisé 2,1Milliards d’euros en Avril 2021. Cette spectaculaire croissance englobe une stratégie de viralité et de merchandising complexe, incluant depuis 2017 l’esport comme atout de développement en Europe, mais aussi en Asie-Pacifique !

Les prémices et l’essai européen

En octobre 2016, le PSG a fait grand bruit dans le monde de l’esport. En choisissant de s’implanter sur FIFA, le club montre une certaine avance sur les autres clubs de Football français, qui ne mettront en place un premier positionnement qu’à partir de fin 2017 pour la plupart.
Mais ce qui a le plus attiré l’attention, c’est surtout l’annonce de l’équipe League of Legends qui a pour but de se hisser au plus haut niveau européen grâce à sa participation aux Challenger Series, à l’époque où un tournoi de qualification (le Promotion Tournament) permettait à de nouvelles équipes d’affronter les 2 derniers au classement des LCS EU et espérer rejoindre la plus prestigieuse ligue d’Europe à leur place. Cette annonce donne aussi beaucoup d’attention au PSG esports car, à l’époque, le seul club de Football européen à avoir osé s'investir sur LoL n'est autre que le club allemand FC Schalke 04, dont 2 joueurs seront recrutés pour rejoindre la nouvelle équipe de PSG eSports, 2 mois après sa création.

Si la structure a été très attractive grâce en partie à ces joueurs particulièrement, c’est aussi et surtout grâce à l'annonce de la présence de Yell0wStaR, ancien joueur et capitaine de Fnatic, meilleure équipe européenne à l’époque, ainsi que d’autres personnalités françaises (dont Duke). On peut imaginer qu’un des objectifs du PSG était d’étendre l’influence de sa marque dans l’esport, tout en s’y assurant une certaine légitimité grâce à ces personnalités d’une part, et d’autre part grâce aux résultats attendus de l’équipe, à savoir gagner les EUCS (European Challenger Series) ainsi que le tournoi de promotion aux LCS EU.
Malheureusement pour l’équipe LoL du PSG esports, la fin de l’année 2018 signe la refonte de la compétition européenne : en 2019, les LCS EU deviennent le LEC, ligue franchisée ne laissant donc pas la place à un tournoi de qualification tel que les Challenger Series, remplacé par des ligues régionales (la LFL en France, Ultraliga en Pologne, Superliga en Espagne…). La suppression des EUCS implique donc que la seule solution pour le PSG de se positionner au plus haut niveau européen est d’acheter un ‘‘slot’’, une décision risquée au niveau même des répercussions que cela pourrait engendrer sur l’image de marque du club. En effet, si celui-ci n’a pas réussi à s’imposer contre des adversaires d’un niveau bien inférieur à celui des LCS EU, malgré de nombreux changements durant une année (ce qui témoigne d’un budget assez important), il est probable que l’équipe n’arrive pas à proposer des performances suffisantes pour que l’image du PSG en reçoive un quelconque bénéfice.
Le PSG annonce ainsi le démantèlement de son équipe League of Legends le 5 octobre 2017 tout en maintenant sa présence sur FIFA.

L’implantation sur le marché asiatique

Cependant, malgré ce revers, la stratégie du PSG dans l’esport s’est renforcée : si le club n’a pour l’instant pas les éléments profitant à la mise en place d’une vraie structure esport focalisée sur les performances sportives, les ressources financières et la puissance de l’image de marque du PSG sont en revanche des arguments non négligeables dans ce secteur en cours de professionnalisation. En ce sens, le club parisien va mettre en place, dès avril 2018, un partenariat avec LGD Gaming sur Dota 2 permettant au PSG de développer son image de marque dans l’esport asiatique avec le rebranding de l’équipe en PSG.LGD.
Grâce aux très bonnes performances de l’équipe dans les tournois The International en 2018 et 2019 (respectivement classée 2ème et 3ème) ainsi que d’autres tournois majeurs, l’impact de ce partenariat s’est distillé dans le monde entier avec des statistiques de viewership impressionnantes en participant à 2 des 5 matchs les plus regardés lors des éditions 2018 et 2019 de The International, une réussite qui a certainement incité le PSG esports à continuer dans cette voie.

 
 

C’est ainsi que le club va d’abord étendre son partenariat avec LGD Gaming sur un autre jeu, FIFA Online, après la deuxième place sur Dota 2 en 2018, puis va ensuite initier un partenariat similaire à celui avec LGD Gaming lors du milieu de saison 2020 sur LoL avec Talon Esports, une structure d’abord implantée sur Overwatch, puis ensuite sur League of Legends, qui a montré de très bonnes performances dès son premier segment de saison sur ce jeu dans la toute nouvelle ligue pacifique (PCS). Ce partenariat ne va pas donner de résultats instantanément puisque l’équipe se classera deuxième de la saison, réussissant néanmoins à se qualifier pour les championnats du monde.
Malheureusement, l’origine hongkongaise de Talon Esports va empêcher plusieurs joueurs d’y participer, mais pourra néanmoins concourir grâce à l’aide d’autres structures asiatiques particulièrement renommées à l’époque qui prêteront des joueurs au PSG Talon à différents stades de la compétition.
La communauté a notamment réagi, sans que cela ne devienne viral, mais cette légère mise en lumière fut accompagnée d’une très bonne performance dans les deux phases de la compétition, disputant des rencontres impressionnantes dans le groupe de la mort contre le premier seed coréen DAMWON Gaming (vainqueur de la compétition), le deuxième seed chinois JD Gaming et le troisième seed européen Rogue (que le PSG Talon surpassera dans le classement par groupe grâce à deux victoires d’affilée contre JD Gaming puis Rogue).

Le PSG esports aujourd’hui

La stratégie du club vise aujourd’hui deux points essentiels :

  • Accroître sa visibilité au travers de l’esport selon deux critères principaux : la situation géographique (marché asiatique, européen) et les influences culturelles (Jeu Vidéo, Esport),
  • Développer la marque PSG à travers le monde pour vendre davantage de visibilité aux sponsors et de merchandising aux fans.
Sur le plan opérationnel, le PSG choisit de s’implanter sur des scènes esport possédant un bon potentiel en termes de viewership (comme Brawl Stars) ou ayant récemment montré une évolution positive de celui-ci, comme sur Arena of Valor, sur lequel le club s’est implanté en Thaïlande. Contrairement à l’expérience européenne du club en 2017, qui cherchait à s’implanter le plus vite possible au plus haut niveau d’une des plus grande scène esport, le PSG esports priorise des scènes naissantes dans lesquelles un faible investissement de son point de vue est déjà un avantage majeur par rapport aux équipes et rares structures déjà implantées sur ces licences. Individuellement, ces investissements peuvent sembler dérisoires, mais il arrive régulièrement que de nouvelles scènes esport suscitent un engouement soudain, à la suite des tendances naturellement changeantes du secteur du jeu vidéo (Overwatch, Fortnite, Rocket League…). En prenant en compte l’opération esport du PSG dans son ensemble, on peut noter que si un retour sur investissement sur le point de vue économique semble pour l’instant impossible, en revanche, l’image, la popularité et la légitimé du club parisien s’inscrivent dans l’esport avec une dynamique positive.

Conclusion

Globalement, si le PSG n’a pas pu apporter son expertise en tant que structure de détection ou de formation de joueurs, le club a été capable de repérer les équipes et structures ayant des stratégies pertinentes et similaires aux leurs afin d’atteindre leurs objectifs compétitifs et de visibilité. Le club parisien s’est donné les moyens de marquer la scène esport de plusieurs jeux majeurs, tout en mettant en place des partenariats longs termes et des contrats de sponsoring durables avec des acteurs de l’esport reconnus.
Très peu de structures peuvent se targuer d’être qualifiées aux plus grand événements esport de l’année, et pourtant le PSG l’a fait sur The International de DOTA 2 (2eme en 2018 et 3eme en 2019) via l’équipe PSG LGD, ainsi qu’au MSI (Top 4 en 2021) et aux Worlds de League of Legends (TOP 12 en 2020).
Présents et victorieux sur de nombreux titres parmi FIFA, Dota 2, League of Legends, Brawl Stars ou encore Rocket League, la présence du PSG sur toutes ces scènes esport est honorable et sans précédent lorsqu’il s’agit des acteurs sportifs dans l’esport. Toutefois certains points pourraient être améliorés : on pourrait notamment relever le manque d’ambassadeur PSG esports recruté par leurs équipes partenaires sur les réseaux sociaux, dédiés uniquement à la création de contenu et à la connexion avec les jeunes générations de passionnés.
Ce manque n'empêche tout de même pas le PSG esports à créer un véritable empire du côté de l'Asie, où la marque est très appréciée en tant que marque, plus encore qu'en tant que club de football ! Un véritable succès, si on en croît les retombées financières du PSG en Asie